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Galerie de récits

« Des classes plus nombreuses car moins de profs »

J’ai perdu de l’argent

Prof Secondaire dans le libre 

J’ai perdu de 17h

« Vous rendez vous compte que les mesures que vous imposez impactent la vie de milliers de personnes , adultes comme enfants? Rester dans un établissement plusieurs années permet de construire un travail d’équipe profitable aux élèves et aux enseignants. Il serait temps également de respecter le travail des directions, secrétaires et horairistes à qui on demande une adaptation permanente»

Enseignant temporaire dans le secondaire dans le libre

Jai trouvé un autre poste plus loin de chez moi

« Je suis en colère pour moi mais pour toutes celles qui sont dans un cas similaire, tous les 2 ans on prends les carte et on redistribue. Il y a 2 ans plus d aide maternelle seulement des pueri, cette annee on supprimé des pueri et les commune sont obligé de mettre des aides mat sur fonds propre. Ce qui a pour conséquence de faire un carrousel dans les classe mat »

Pericultrice à Liege

Découvrez les témoignages de celles et ceux qui font vivre l'école 

J’ai perdu la totalité de mes heures

« Si vos mesures ont pour but de revaloriser le métier d’’enseignant et de la rendre plus attractif , c’est raté . J’ai découvert ce métier il y a 2 ans et il m’’a passionné . Aujourd’hui, je suis totalement démotivée et je recherche autre chose »

Prof temporaire dans le secondaire

les attributions ont été très compliquées...

« La charge des 2h supplémentaires se fait déjà sentir alors que c'est seulement la 3eme semaine... En tant que maman solo, je vois vraiment la différence et sans salaire à la clé, c'est une vraie aberration. Je ne comprends même pas comment cela a pu se voter, c'est une honte. J'ai donc décidé de ne plus m'investir autant qu'auparavant dans les activités de l'école (remédiations, sortie pédagogique, fêtes scolaire,...) pour espérer tenir le coup cette année.»

Enseignante dans le Secondaire nommée

Tout perdu

Bonjour à tous, Je sais que cela fait plus d'un an que les médias vous bassinent avec l'enseignement et ces enseignants qui font grève et haussent le ton. Je sais que nous vous épuisons peut-être avec notre grande bouche et nos revendications. Mais notre combat n'est pas contre vous. Il est dirigé contre Mme Glatigny et contre des mesures que nous considérons comme dévastatrices. Certains nous ont soutenus. D'autres en ont profité pour exprimer encore davantage de mépris envers ce métier que, nous, nous aimons profondément. Alors, l'école a repris cette semaine et, malheureusement, nous commençons déjà à voir les conséquences concrètes des décisions prises par notre gouvernement. Je m'appelle Apolline. Les élèves me connaissent davantage sous le nom de « Madame Hautot ». Je suis professeure de latin-grec, et voici mon histoire. Dès ma 3e secondaire, je suis tombée amoureuse du latin. Un jour, alors que j'étais assise dans ma classe, j'ai regardé ma professeure et je me suis dit : « C'est elle que je veux devenir. » Je voulais transmettre cette passion. Je voulais créer, dans ma classe, une ambiance presque familiale. Je voulais raconter toutes ces histoires, faire découvrir la structure fascinante de cette langue, ce monde rempli de découvertes que nous pouvons comparer au nôtre, avec ses complexités, ses évolutions et ses similitudes. Je n'ai jamais hésité. À la sortie de rhéto, j'entame un Master en didactique des langues et lettres anciennes classiques à Louvain-la-Neuve. Je m'y donne corps et âme. Je travaille, je m'accroche et je ne lâche rien. Je sors diplômée en juin 2024 et j'ai l'immense chance d'être engagée à temps plein à l'IND Loverval. Je passe une première année merveilleuse. Je fais enfin ce dont j'ai toujours rêvé. Je découvre une chouette équipe, composée de personnes qui se complètent et qui savent également se retrouver en dehors de leurs différentes branches scolaires. Cette première année se termine avec des souvenirs plein la tête et le cœur rempli par mes élèves. La deuxième année, je la partage entre Loverval et le GPH de Gosselies. Cela me demande de jongler entre deux écoles et représente un véritable challenge, mais j'ai la chance d'avoir mon temps plein, alors je garde le cap. Je rencontre des élèves formidables qui me touchent énormément. Je découvre également la joie d'être titulaire et cette incroyable sensation d'être un peu la maman de vingt-quatre bouts de chou. L'année est pourtant mouvementée par les grèves et les mesures qui nous sont annoncées. Mais je ne me démoralise pas. L'année scolaire 2026-2027 s'annonce compliquée, mais je garde espoir. Et puis arrive septembre 2026. Et là, je me fais foudroyer. Aucune heure. Aucun appel. Plus rien. Je dois m'inscrire au chômage. Je reçois des messages de parents et d'élèves, dégoûtés de ne pas me voir revenir à la rentrée. Pendant ce temps, j'entends la ministre prendre la parole au journal télévisé et affirmer qu'elle ne reçoit aucun retour négatif sur la situation. Vraiment ? Parce que mon Facebook, lui, est inondé de curriculum vitæ de collègues qui cherchent désespérément quelques heures après avoir perdu les leurs, ou qui ont tout simplement perdu leur emploi. Nous sommes des milliers. Des milliers d'enseignants à nous retrouver aujourd'hui dans l'incertitude, parfois au chômage, après avoir consacré des années à nous former et à construire notre avenir dans un métier que nous avions choisi par passion. Je ressens une immense colère et un profond dégoût envers des décisions qui, à mes yeux, sont en train de briser des parcours, des vocations et des vies professionnelles. Et pourtant, on nous dit que tout va bien. On nous dit que nous n'avons qu'à nous reconvertir. Mais pourquoi devrions-nous nous reconvertir ? Pourquoi faudrait-il abandonner un métier pour lequel nous avons étudié pendant des années, un métier que nous aimons et auquel nous avons choisi de consacrer notre vie ? Et le plus ironique, c'est que ce n'est pas terminé. Mme Glatigny continue d'annoncer de nouvelles mesures qui me semblent toujours plus incompréhensibles. Saviez-vous que l'année prochaine, si je décide de rester dans l'enseignement et si j'ai la chance d'être appelée, je risque de perdre la reconnaissance salariale liée à mon diplôme universitaire ? Oui, mesdames et messieurs : je pourrais être payée selon un barème inférieur. Et le plus ironique, c'est que de futurs professeurs de latin formés en quatre ans, et non en cinq comme moi, pourraient bénéficier d'un barème supérieur. Comment pouvons-nous dévaloriser à ce point notre métier et notre branche ? Combien d'enseignants accepteront encore de revenir l'année prochaine dans de telles conditions ? Aujourd'hui, je suis en colère. Une colère immense, mêlée à une profonde tristesse et à un sentiment d'injustice que j'ai parfois du mal à mettre en mots. Mais malgré tout ce que ces décisions nous font subir, malgré l'amertume et la rage que je ressens, je refuse de laisser ces infamies m'enlever l'amour que j'ai pour mon métier : je suis professeure, j'aime enseigner, et aussi longtemps que je le pourrai, je resterai. Mais permettez-moi de vous dire que je suis une #ÉJECTÉS_PAR_LA_RÉFORME

Enseignante dans le Secondaire nommée

« Aujourd’hui, en pleine pénurie d’enseignants, des heures disparaissent et des horaires sont morcelés entre plusieurs établissements. Des professeurs se retrouvent avec des journées à trous, des semaines éclatées, parfois même avec 20 kilomètres à parcourir en 10 minutes pour assurer le cours suivant.

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Quand on sait à quel point enseigner est un métier exigeant et engageant, et combien nos écoles peinent déjà à recruter, on ne peut pas ignorer ce que ces nouvelles contraintes provoquent. Perte de sens, manque de reconnaissance, insécurité professionnelle, épuisement : elles touchent directement le bien-être et la santé mentale de celles et ceux qui font vivre l’école.

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Depuis des mois, j’ai lu et entendu des centaines de témoignages. Et malgré cela, on continue à nous dire que ces réalités ne remontent pas du terrain.

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Ce n’est pas ma conception de la démocratie. On ne peut pas réformer l’école sans écouter celles et ceux qui la font vivre, puis écarter leur parole lorsqu’elle vient contredire le récit que l’on voudrait entendre.

On ne peut pas prétendre préparer notre avenir tout en fragilisant celles et ceux à qui nous le confions.

 

Une école qui s’affaiblit finit toujours par creuser les inégalités entre ceux qui peuvent trouver une alternative et tous les autres. C’est aussi cela que nous devons regarder aujourd’hui.

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Défendre notre enseignement, c’est d’abord refuser de détourner le regard de ce qui se passe dans nos écoles. C’est regarder cette réalité en face et agir en conséquence. »

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Fabian Maingain
Député au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles

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